Encierro (2019)

For saxhorn quartet.

Encierro was dedicated to and recorded by the saxhorn quartet Opus 333 at Studio 104, Radio France , for the Anne Montaron’s radio show Création Mondiale (Alla Breve) in 2019. The podcast, featuring additional music and an interview, is available on the Radio France website.

Encierro is inspired by the image of bulls enclosed before the running. With its systematic structure, the piece reflects on the idea of confinement. The harmony employs strict microtonal intervals such as “almost a seventh” or “almost an octave,” creating beatings and divergences from the instruments’ natural intonation. The musicians sing into their instruments, colouring the timbre and generating a more dramatic, almost animalistic expression - searching for an escape from a predetermined harmony and a slowly pulsing rhythm. The piece is divided into three parts, exploring the low register, the very high register, and, in between, the non-pitched registers of the saxhorn.


Photo by Bernard Martinez

Encierro was performed by Opus 333:

2019.06.26 premiere at the studio 104, Radio France.

2020.03.13 at the Theatre Saint Bart, Saint Nazaire, France.

2021.07.24 at the Festival de Musique Obernai, Alsace, France.

Broadcast of the radio show Création Mondiale

Dedicated program premiered during the week of August 26, 2019, aired again on May 11, 2020, and renewed for the week of February 2, 2026, in connection with the premiere of Concertina-fold Almanach, commissioned by Radio France for the Festival Présences.

Listen to Justina’s music on Radio France podcasts: a composer portrait and Encierro in parts 1, 2, 3, 4, 5.

On Sunday, September 1 at 23:00, the complete composition Encierro (2019) was broadcast, along with excerpts from Designation & Expulsion, Incanta, Incantare, Fluctuationis, Cosmatesque, and a composer portrait. From Monday to Friday, at 12:55 and 22:55 each day, a part of Encierro, performed by Opus 333, was broadcast alongside an interview and presentation on the radio show Création Mondiale.


FR

Diffusion intégrale et portrait de la compositrice

Justina with Opus 333 members.

Dans Création Mondiale en cette semaine de reprise, c'est la musique de la jeune compositrice lituanienne Justina Repečkaitė qui se fait entendre.
Cette pièce, Encierro, jouée par l'ensemble Opus 333 se révèle ce soir intégralement dans le tout nouveau "Carrefour de la Création".
Justina Repečkaitė a rencontré les musiciens du quatuor de saxhorn créé par Vianney Desplantes, Jean Daufresnes, Corentin Morvan et Patrick Wibart au Conservatoire Supérieur de Musique de Paris, il y a quelques années, dans les classes d'improvisation générative et de chant médiéval.
Pour composer Encierro, Justina Repečkaitė a demandé à chacun des tubistes de lui faire entendre des sons spécifiques et les a enregistrés. La suite de pièces est née de ces sessions de travail ensemble. Encierro est liée dans l'esprit de la jeune compositrice à l'image de l'Enfermement de taureau dans l'espace clos des arènes.
L'enfermement est ici à prendre dans son sens métaphorique : la musique de Justina Repečkaitė est très construite (structure de la pièce, relations harmoniques...) et c'est aux musiciens d'Opus 33 de trouver des interstices de liberté à l'intérieur des contraintes...

C'est dans l'acoustique spécifique du studio 104 qu'ont résonné les 5 mouvements de Encierro dans la version toute neuve d'Opus 333 le 26 juin dernier.
Le quatuor fête cette saison son 10ème anniversaire, pourtant ils sont tous très jeunes. L'ensemble explore l'univers de la musique de chambre et s'amuse à transcrire des pièces du grand répertoire, car bien évidemment les compositeurs du passé qui ont écrit pour cette formation sont rares !
Et puis Opus 333 s'intéresse de très près à la création et a déjà collaboré avec plusieurs compositeurs d'aujourd'hui, parmi eux Alexandros Markeas, Claude Barthelemy, Benjamin Attahir et justement Justina Repečkaitė.
Cette émission est le lieu pour entrer dans l'atelier de composition de Justina Repečkaitė. Elle nous raconte son parcours, ses premiers pas dans la musique en Lituanie, sa pratique du chant, son choix de la France...


Pictures from the recording session at Studio 104, Radio France.


Tableau 1 : introduction

Encierro est un mot espagnol qui suggère l’enfermement du taureau dans la corrida.
Cet univers de la corrida, Justina Repečkaitė l’a approché grâce à l’un des tubistes du quatuor, d’origine basque, Vianney Desplantes, pour qui elle avait déjà composé une pièce intitulée Toro. Encierro a été au départ pensée comme un prolongement de Toro. Mais l’idée de la pièce a évolué au fur et à mesure des séances de travail avec les musiciens.

Ce mouvement introductif explore les graves des instruments.


Tableau 2

333 : c’était le numéro de la salle du CNSMdP où les quatre tubistes du groupe Opus 333 se sont rencontrés ! C’est dans ces murs qu’a germé l’idée de créer un quatuor de saxhorn, cet instrument un peu méconnu, qu’on trouvait autrefois dans les orchestres symphoniques, et surtout dans les harmonies.

Justina Repečkaitė a découvert la richesses du saxhorn lors de ses études au CNSMdP, mais elle était loin d’imaginer toutes ses ressources sonores. 

Chaque jour de la semaine avec Encierro, les musiciens de Opus 333 nous font voyager dans la palette sonore de leur instrument, et révèlent des timbres inouïs.


Tableau 3

Justina Repečkaitė est soprano colorature et compositrice. Elle a fait son tout premier apprentissage de compositrice dans son pays natal, la Lituanie, auprès de pédagogues et compositeurs très attachés à l‘idée formelle de la composition, notamment aux proportions, qui donnent à toute musique écrite sa colonne vertébrale et sa cohérence. 

Encierro s’articule en 5 mouvements : c’est la règle de jeu de nos miniatures radiophoniques. Il n’empêche que la compositrice Justina Repečkaitė a plutôt envisagé son exploration du quatuor de saxhorn en trois étapes.
Nous avons commencé lundi dans les graves de l’instruments. Avant d’explorer le registre aigu, nous partons aujourd’hui dans un no man’s land...


Tableau 4

Encierro signifie en espagnol enfermement, et l’idée de l’enfermement, de la contrainte est une idée qui intéresse beaucoup la jeune compositrice Justina Repečkaitė

La composition suppose toujours quelques règles et beaucoup de contraintes. C’est encore plus vrai quand on est passionnée de mathématiques comme l’est cette musicienne. Pour les interprètes, tout le défi consiste à jouer avec ces règles de composition et à trouver des interstices où s’échapper. 

De plus, si Encierro explore les possibilités sonores du saxhorn de façon très méthodique, il y a quand même l’idée d‘un voyage !


Tableau 5

Encierro vient enrichir le répertoire du jeune quatuor Opus 333, formation très engagée dans la création. 

Chaque  collaboration avec un compositeur est une nouvelle exploration des possibilités sonores du saxhorn, ici par exemple par le biais de modes de jeu particuliers. Et puis chaque collaboration se fait dans aussi un temps bien défini.

Au début, Encierro a paru un peu abstraite aux musiciens du  quatuor, mais très vite ils sont "entrés dedans", comme dans n’importe quelle pièce de musique de chambre, et en ont saisi la dramaturgie et la force.

Anne Montaron


Program note

FR

Encierro a été dédié au quatuor de saxhorns Opus 333 et enregistré par celui-ci au Studio 104 de Radio France pour l’émission Création Mondiale (Alla Breve) en 2019. Le podcast, comprenant d’autres œuvres ainsi qu’un entretien, est disponible sur le site de Radio France.

Encierro s’inspire de l’image des taureaux enfermés avant la course. Par sa structure systématique, la pièce interroge l’idée de confinement. L’harmonie repose sur des intervalles microtonaux stricts tels que des « presque septièmes » ou des « presque octaves », générant des battements et des écarts par rapport à l’intonation naturelle des instruments. Les musiciens chantent dans leurs instruments, colorant ainsi le timbre et produisant une expression plus dramatique, presque animaliste, en quête d’une échappée hors d’une harmonie prédéterminée et d’un rythme lentement pulsé. La pièce est divisée en trois parties, explorant le registre grave, le registre très aigu et, entre les deux, les registres non tempérés du saxhorn.

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